Trois mois avant le départ...


Les jours s'égrainent. Un à un, je les compte. Jour après jour, j'imagine ce périple.
J'ai hâte d'être sur le départ. Patience.
Je prépare donc mon parcours. Sur la carte, j'imagine les paysages.
300 kms... Parfois je me dis que je suis fou d'entreprendre une telle aventure. Mais quelle aventure! Je crois que j'en ai fondamentalement besoin. Question de survie. Comme pour me prouver à moi même que je peux y arriver. Que je peux arriver à aller au bout de moi même.
Beaucoup s'étonnent autour de moi : "Tu pars tout seul?"... "Ben oui!!"... Une réponse qui sonne comme une évidence. Certains vont voyager au bout du monde, dormir dans des hôtels 4 étoiles au bord d'une mer turquoise... Danser "la danse des tongs" dans un club-med ou à la fête d'un camping bondé de touristes. Moi je vais passer trois semaines sur les sentiers de la Drôme Provençale avec mon âne. Quelle idée... "Solitude, ma meilleure amie", c'était le tire d'un texte que j'avais écris lorsque j'avais 18 ou 19 ans. Elle ne m'a pas vraiment quitté. C'est elle qui m'accompagnait déjà lorsque mes yeux découvraient le monde mignature qui vivait autour de moi...
Alors voila, mon parcours se dessine sur ma carte IGN. Déjà près de 130 kms pour 10 jours de marche. La moitié. Le tracé pourrait changer quelques semaines avant le départ. Il faut que je vérifie que les sentiers soient bien accessibles pour un âne!! Je dois aussi faire gaffe aux rivières car Marius à une sainte horreur de l'eau... Surtout celle qui s'écoule. Alors voilà à quoi ressemblera le début du périple :

Jour 1 : Rousset les Vignes - Le Pègue - La Roche Saint Secret (Le chateau) : 15.45 km
Jour 2 : La Roche Saint Secret (Le chateau) - Dieulefit - La Chapelle de Comps : 16.98 km
Jour 3 : La Chapelle de Comps - Bourdeaux - nuit au Relais du Temple : 14. km
http://lerelaisdutemple.free.fr/
Jour 4 : Relais du Temple - Col de la Chaudière : 12.20 km
Jour 5 : La Chaudière - Direction St Nazaire le Désert - nuit au relais équestre La Source : 12. km - http://www.drome-a-cheval.com/relais/source-diois.htm
Jour 6 : Relais"La Source" - Volvent : 12.32 km
Jour 7 : Volvent - La Motte Chalencon : 16 km
Jour 8 : La Motte Chalencon - Plateau du Saint Laurent (Saint May) : 15.93 km
Jour 9 : Plateau du Saint Laurent - Rémuzat (Camping) : 10.72 km
Jour 10 : Rémuzat - Cornillon (Plan d'eau) : 8.34 km

Merci à tous et à bientôt...

Voila, le jour tant attendu est enfin là. Le fameux Marius Tour 2007....
Avec une demi-journée de retard tout de même... Mais bon... Départ donc samedi matin finalement.
Merci à toutes et à tous pour tous vos messages d'encouragement. C'est très gentil.
Je laisse la main à Zette qui tiendra à jour ce blog durant mon absence. C'est en effet elle qui retranscrira mes comptes rendus au quotidien. J'espère que vous serez nombreux à les suivre.
@bientôt...

Marius Tour 2007 : J-3 avant le départ


Dernière ligne droite avant le départ...
Trois jours avant le grand jour...
Trois jours avant de vivre cette grande aventure de 360 km
Trois jours pour finir de tout préparer
Trois jours pour ne rien oublier

J'ai encore pas mal de boulot avant d'être fin prêt notemment acheter la bouffe et paraméter mon GPS,...

Trois jours ne seront finalement pas de trop...
Voici au jour le jour les 24 étapes de ce périple d'environ 350 km



Jour 1 (samedi 4) : Rousset les Vignes - Le Pègue - La Roche Saint Secret (Le chateau)
Jour 2 (dimanche 5) : La Roche Saint Secret (Le chateau) -La Chapelle de Comps.

Jour 3 (lundi 6) : La Chapelle de Comps - Bourdeaux : 15km
Jour 4 (mardi 7) : Bourdeaux - Col de La Chaudière : 12.20 km
Jour 5 (mercredi 8) : Col de La Chaudière - Saint Nazaire le Désert.
Jour 6 (jeudi 9) : Repos .... Une journée St Nazaire le Désert Nazaire le Désert
Jour 7 (vendredi 10) : Saint Nazaire le Désert - La Motte Chalencon (camping) : 22.79 km
Jour 8 (samedi 11) : La Motte Chalencon - Plateau du Saint Laurent : 17.65 km
Jour 9 (dimanche 12) : Plateau du Saint Laurent - Rémuzat


Après dix jours de marche, le dimanche 12 août je pense m'octroyer une petite pause
sympathique au plan d'eau de Cornillon. Repos et pieds dans l'eau !! Que du bonheur...


Jour 10 (lundi 13) :Cornillon - La Motte Chalancon - Pommerol 15 km
Jour 11 (mardi 14) : Pommerol - Rosans 13,86 km
Jour 12 (mercredi 15) : Rosans - Montmorin 15,25 km
Jour 13 (jeudi 16) : Montmorin - L'Epine (10,82 km)
Jour 14 (vendredi 17) : L'Epine - Montclus - Chanousse (gîte) 15,39km
Jour 15 (dimanche 19) : Chanousse - Orpierre (14,86 km)
Jour 16 (dimanche 19) : Orpierre - Col des Anges - Col de la Croisette - Eygalayes - Pelleret - Gresse/Mévouillons (20,50 km)
Jour 17 (lundi 20) : Gresse/Mévouillons (Le col) - Montbrun-les-Bains (19,20 km)
Jour 18 (mardi 21) : Repos ...




Jour 19 (mercredi 22) :
Montbrun-les-Bains - Savoillans - Brantes (13,35 km)
Jour 20 (jeudi 23) : Brantes - Plaisians - Buis-les-Baronnies (15,45 km)
Jour 21 (vendredi 24) : Buis-les-Baronnies (petit marché de producteurs)- Chateauneuf de Bordette (23,30 km)
Jour 22 (samedi 25) : Chateauneuf de Bordette - Nyons - Rousset les Vignes (23,38 km)

Samedi 4 août - Jour 1 : Départ en léger différé !

A les joies de l'informatique...

Quant tout fonctionne, c'est formidable, on loue le progrès.

Mais dès le moindre bug, c'est une catastrophe.

Alors au lieu de battre la campagne dès vendredi, j'ai surfé sur la Toile afin de résoudre mon problème de GPS, jusque samedi après-midi. J'ai donc dû bousculer un peu l'itinéraire prévu et je vais tenter de rattraper jour après jour, le retard pris.

Après une heure de chargement, c'est aux alentours de 17 heures que Marius et moi sommes enfin partis. Baya, cette fois, ne fera pas partie du voyage.

Nous avons réussi à rallier Rousset les Vignes - La Pègue pour enfin arriver aux alentours de 21 heures à La Roche Saint Secret, (cette fois-ci, pour de bon!) dans un gîte équestre.

Là, première rencontre comme j'aime en faire lors de mes périgrinations, avec un papi hollandais et certainement deux de ses petits-enfants qui faisaient également une randonnée... à dos d'âne! Inutile de vous dire quel a été le sujet de notre conversation, quand deux passionnés de nature et d'ânes se rencontrent...

Mais la fatigue comme le bouleversement imprévu de la journée ont eu raison du plaisir de la soirée et Marius et moi sommes fourbus, première journée oblige. Je pense que demain matin, ce sont les courbatures qui vont me réveiller.

Je compte partir le plus tôt possible, après avoir tout de même récupéré des efforts fournis. Je vais tenter de me rapprocher le plus possible de Bourdeaux, prévu initialement pour ce dimanche.

Mais sachant que je porte un sac de 13 kilos sur mon dos et Marius de 30 (dont 11 de vivres) sur le sien, qui d'après vous souffre le plus dans ce début d'aventure?

A demain!

Dimanche 5 Août - J2 : C'est beau, mais c'est haut!


La première partie de l'étape nous a réservés quelques petites surprises, les pentes étaient rudes et le terrain caillouteux n'a pas facilité notre évolution. J'ai donc appliqué l'astuce trouvée lors de ma dernière randonnée pour motiver Marius à avancer, je l'ai fait passer devant moi et lui ai collé aux sabots. J'avais donc une vue imprenable sur sa croupe...



C'est sur les coups de midi, par un temps très chaud mais heureusement venté que nous avons atteint les hauts de Dieulefit. J'ai débâté Marius, on a cassé la croûte ensemble et j'ai prétexter de la chaleur pour m'accorder une petite sieste, après tout, on est stressés toute l'année au boulot, si c'est pour courir encore contre le temps en vacances, autant rester chez soi!
Nous avons repris tranquillement le départ, sans nous presser et cette fois-ci, sur un terrain bien moins hostiles où nous avons suscité la curiosité des touristes randonneurs que nous avons croisés.
A chaque rencontre, si agréable soit-elle, la même remarque, "Ah, c'est têtu un âne!", ce quoi je devais rapidement répondre qu'un âne est un animal qui réfléchit beaucoup et n'a pas la fougue ni la témérité de son lointain cousin équin, n'aime pas les décors très colorés et tout ce qui est sombre et donc, bloque un peu sur certains obstacles, lui donnant à tort sa réputation bornée.
Cependant, tous les promeneurs ont été très aimables et seul Marius n'a récolté les lauriers, quant à moi, je n'étais là que pour l'assister, le monde à l'envers.
A ce sujet, il semblerait qu'il ait pris ses aises avec les hommes.
Alors que nous arrivions sur la place de Dieulefit, devant le bistrot local, à une heure d'affluence apéritive, Marius a décidé de se lâcher, et tout un public médusé a pu constater qu'il avait effectivement une nourriture riche et abondante...
(Note pour plus tard, apprendre à Marius à ne plus déféquer devant les gens...)

Comme la journée à été éprouvante, après plus de 10 heures de marche et de bonnes frayeurs où Marius, dont le gabarit n'était pas adapté pour le GR9, petit sentier pédestre, pouvait à chaque instant être déséquilibré par le poids et le balancement des sacoches, finir sa course dans un ravin, j'ai décidé de m'installer devant l'église de Comps pour la nuit.



Demain, j'ai prévu de rallier Boudeaux, ce qui devrait poser moins de problèmes, ce n'est pratiquement que de la descente tranquille.

Peu à peu, nos corps s'adaptent au rythme de la nature.

A demain!
Après une première nuit particulièrement difficile où j'ai servi de repas aux moustiques, j'ai pris le départ vers 9 heures, après un solide petit-déjeuner et le chargement de Marius qui lui avait bien récupéré.

Lundi 6 août - J3 : Tranquille comme Marius!

Tantôt derrière

Après une nuit passé à côté de la chapelle de Comps et de son cimetière,Marius et moi avons pris la route aux alentours de 10h,pour une journée tranquille, sur un terrain agréable, fait de descentes douces.

Des feuilles séchées en guise d'apéritif...

Le temps était de la partie, nuageux mais idéal pour la circonstance.
Tantôt devant, tantôt derrière lui lorsqu'il avait du mal à passer certains obstacles, mais toujours dans la sérénité, au contraire des diffcultés et des risques rencontrés hier!
Je suis arrivé à la croisée de deux chemins, dont les deux pancartes opposées indiquaient Bordeaux, à un km de distance, j'étais un peu déstabilisé, pendant qu'impassible, Marius se restaurait...
Une vue imprenable!

Vers 14h, nous avons donc pris notre déjeûner au calme, aux abords d'un cimetière protestant... en compagnie de voisins silencieux!
Sur le chemin, Marius a observé ses cousins équins, je me suis demandé que pouvait-il bien se passer dans sa tête à ce moment-là...
Ce magnifique cimetière protestant invite au respect.

Alors que nous étions proches de l'arrivée, dans une clairière où Marius n'avait qu'à se baisser pour profiter de l'herbe fraîche, il s'est contenté de feuilles sèches tombées d'un arbre...
Allez comprendre...
Au hasard du sentier, nous avons rencontré un couple avec leurs enfants en promenade avec un collègue de Marius qui lui, pouvait traverser un ruisseau sans craintes, probablement habitué aux lieux et aux rituels des randonnées. J'ai tenté de mesurer mon fidèle compagnon aux autres, je suis même allé jusqu'à me mouiller jusqu'aux chevilles pour lui montrer l'exemple mais rien n'y a fait, l'eau semble toujours autant l'impressionner.

Chemin faisant, c'est vers 17h que nous avons atteint Bourdeaux.
Le temps de traverser le village, de donner quelques interviews et de poser pour des photos de stars, je me suis rendu à l'Office du Tourisme afin de dénicher un bivouac pour la nuit.
Pendant que l'employée désespérait de me trouver un gîte libre, à l'extérieur, Marius commençait à s'impatienter.

Les miracles de la technologe moderne.

Une heure plus tard, j'ai rencontré Pascaline et Alain Chambart, propriétaires et gérants du camping à la ferme Tzig'Ane , qui proposent des randonnées et promenades à dos d'âne, comme beaucoup dans cette belle région. Ils nous ont gentiment accueillis, alors qu'ils affichaient complet, et je tiens à les en remercier chaudement. Nous avons retrouvé ce couple croisé au bord de la rivière et j'ai passé la soirée à partager avec eux notre passion commune pour nos compagnons.

Demain, nous comptons rallier le col de La Chaudière.
En attendant, Marius et moi allons pouvoir dormir au calme!

A demain!

Mardi 7 Août - J4 : Grosse Frayeur!

Une nouvelle porte vers l'aventure

Les jours se suivent et ne se ressemblent décidément pas.
Dès le lever, le temps était très frais et les nuages épais et bas. Le vent soufflait fort, malgré la faible altitude (le camping se situe à 451 mètres).

Quel temps !!!!

Dès le matin, l'agitation au sein du camping a déstabilisé Marius en raison des divers chargements et préparatifs d'autres randonneurs.
J'ai préféré attendre que le calme revienne pour bâter et préparer Marius et c'est en début d'après-midi que nous avons pris congé de Pascaline et Alain , non sans les avoir encore une fois remerciés pour leur accueil chaleureux et précieux conseils pour la suite de notre aventure.

J'appréhendais la suite car afin de m'éviter de faire un trop grand détour, j'avais la possibilité de raccourcir mon trajet par la traversée d'une rivière.

Marius n' a rien voulu savoir

Je me suis résigné au bout de plus de deux heures de négociations fermes et ayant usé de tous les stratagèmes afin d'encourager Marius a dépasser sa phobie de l'eau.
Tout comme certains d'entre nous grimpent affolés sur une table à la simple vue d'une petite souris, Marius a la phobie de l'eau, et je ne peux pas lui en vouloir, c'est incontrôlable pour lui. Je n'ai donc pas insisté, il prendra confiance au fur et à mesure.
Une vieille dame a assisté à la scène et a tenté de m'aider , mais a fini par conclure que d'après le regard noir de Marius, dans lequel elle lisait de la colère, il ne fallait plus insister.



J'ai donc rebroussé chemin, et deux solutions s'offraient alors à nous:
Soit je perdais une heure a revenir sur nos pas et reprendre le trajet initial, soit j'empruntais une passerelle non loin d'ici.
Là encore, j'ai hésité car elle était très étroite et semblait ne pas être adaptée au gabarit de Marius.

Une réserve d' eau originale

Finalement, la traversée s'est déroulée sans encombre et nous sommes arrivés au camping de Bezaudun Sur Bine, en terre huguenote, où là encore, nous avons longé de petits cimetières, tels le protestant à côté duquel nous avions déjeuné hier. Pour la petite histoire, jadis, les protestants n'avaient pas le droit d'inhumer leurs défunts dans les mêmes terres que les catholiques, ils ont donc construit les leurs à l'écart de tous les lieux de cultes qui n'étaient pas les leurs, ainsi, au détour des chemins, il n'est pas rare de voir une petite clôture de pierres sèches délimiter les sépultures.

Nous avons repris le GR9 et à nouveau, pour notre plus grand plaisir, nous avons fait la joie, l'admiration et les questions des touristes ou promeneurs que nous avons croisés.
J'ai même rencontré un marchand de fruits et légumes très sympathique qui a offert des carottes à Marius!
Des carottes pour la route

Le GR9 traverse souvent des aires naturelles de pâturages et nous nous sommes retrouvés parmi des vaches et leurs veaux, sans que cela ne perturbe ni les uns, ni les autres!

On va voir les vaches ??

Seulement voilà, à 17h15, nous n'avions pas fait un dixième du parcours initialement prévu pour la journée. Je me suis alors rappelé qu'Alain et Pascaline m'avaient conseillé d'emprunter un chemin. Bien qu'à fleur d'un ravin, il était tout à fait praticable pour Marius et moi.
C'est en voulant passer entre deux sapins que Marius a dérapé et a entamé sa chute vers ce ravin vertigineux. Je l'ai vu partir de l'arrière, j'ai tenté de le tirer mais plus je le faisais, plus il était entraîné par le poids des sacoches et je ne pouvais plus le retenir.
J'ai alors essayé de le débâter, le chargement a dégringolé et Marius a encore plus été déséquilibré.
A force de l'encourager, et de lui donner toute mon énergie, nous avons réussi à reprendre le chemin.
J' avais le vertige avant cet incident

100 mètres plus loin, je l'ai attaché et suis revenu sur mes pas pour descendre récupérer tout le chargement au fond du ravin.

Bon ben y a plus qu' à tout remettre

J'ai calmé et rebâté Marius et nous avons décidé de mettre un terme à l'étape du jour quand nous avons aperçu une ferme.
Là encore, nous avons été chaleureusement accueillis et hébergés par les habitants de ce charmant endroit, Henriette et , picards d'origine venus passer leurs vacances. J'ai passé en leur compagnie une très agréable soirée, riche en émotions que j'ai eu le plaisir de leur faire partager.

Peu à peu, je relâche la pression et je réalise combien les liens entre Marius et moi se resserrent chaque jour d'avantage. Notre relation est quasiment fusionnelle surtout depuis cette terrible épreuve. Je remarque que dès que je quitte son champ de vision ou qu'il ne sent plus ma présence, il s'affole, tout comme je l'ai trouvé en train de faire demi-tour alors que j'étais au fond du ravin à ramasser les sacoches. Je me rends compte que j'aurais tout donné pour le sauver de ce précipice tant nous sommes proches et de plus en plus complices. Même si j'ai eu très peur pour Marius, je sais désormais que tous les risques que j'ai pris pour lui valent le coup!


Il paraît dérisoire de dire que nous ne sommes pas en haute montagne, en effet, le col de la Chaudière n'est qu'à 1000 mètres d'altitude et nous sommes arrivés à Fondoresse (chez Henriette et Jean-Philippe) à 849 mètres. Et bien que les sentiers soient balisés et adaptés à la randonnée, les accidents peuvent survenir n'importe où, n'importe quand et aux plus chevronnés d'entre nous. Ainsi les guides les plus aguerris dévissent-ils des plus hauts sommets, malheureusement.

Demain, je compte rallier Saint-Nazaire, soit environs 17 km de marche.
Pour l'heure, l'émotion est encore trop forte pour prendre du recul sur cette journée.
Plus de peur que de mal.

A demain!

Mecredi 8 Août - J5 : Ca monte, et ça descend !

Derniers instants avec nos hôtes

Après ma première nuit passée dans un vrai lit depuis le début du Marius Tour et un solide petit déjeuner servi par mes sympathiques hôtes, c'est en pleine forme et remis des émotions de la veille que nous avons pris le départ de Fondoresse aux alentours de 9h45.
Un vrai temps d'automne, nuageux, froid et venté.

La matinée a été assez mouvementée, faite de forts dénivelés et de deux détours, en raison de deux rivières toujours aussi infranchissables pour Marius. Mais je sais désormais que sans pour autant insister, je ne dois pas lui laisser avoir le dernier mot.

C est là-haut que Marius a glissé !(A droite, on aperçoit le sentier se dessiner)

Ainsi, vingt minutes après le départ, il a paniqué à la vue d'une flaque d'eau, alimentée par un petit ruisseau, au milieu du sentier. J'ai tenté d'user de tous mes stratagèmes et de mon autorité, allant même jusqu'à lui donner un petit coup de badine (pour le stimuler habituellement). Comme rien n'y faisait, j'ai choisi la bonne vieille méthode de l'abandon, et ai fait mine de partir sans lui, "Allez, salut, je te plante là, tout seul!". Comme je l'avais attaché à un arbre, il s'est affolé en voyant que je m'éloignais et a commencé à braire. C'est alors qu'un autre âne a répondu à son écho et enfin, il s'est décidé à avancer dans cette flaque!

Rencontre au détour d'un chemin

A partir de là, avec cette petite victoire sur la phobie de l'eau, pour laquelle je l'ai félicité, récompensé de mes caresses, j'ai décidé de persévérer et d'adopter une autre attitude.
A l'approche d'une flaque ou d'une rivière, je ne regarde pas Marius, je continue mon chemin et il semblerait qu'il suive facilement, sans bloquer.
Je sais désormais qu'à force de patience et de persévérance, un jour, l'eau ne représentera plus ni un danger, ni une phobie pour Marius.

Toujours plus haut

Nous avons pris un chemin pour descendre jusqu'à 620 mètres d'altitude puis remonter jusqu'au col du Gourdon, situé lui à 953 mètres d'altitude. J'avais un peu d'inquiétude car ce chemin, pourtant indiqué comme sentier équestre, ne semblait pas être balisé jusqu'au bout. Mais au fur et à mesure que nous évoluions, je remarquais que certaines branches de sapins avaient été coupées et que nous marchions sur les traces d'un cheval.

Vue nuageuse sur les Trois Becs

Avant d'atteindre le col, nous avons croisé un groupe de randonneurs avec un âne, finalement, les randonnées de ce type sont légion dans la région, pour le plus grand plaisir de chacun!

Nous avons alors entamé une ascension douce vers le col de la Chaudière, pour l'unique désir de faire une photo. Sur notre gauche, nous avons marché le long de l'un des Trois Becs de la forêt de Saou, le Veyou, avec au loin, Roche Courbe. Ce site remarquable, dominant la vallée de la Drôme, est réputé magnifique mais très dangereux. (Un accident mortel de randonnée s'y est produit en 2006 et le sentier du Pas de la Siara a été fermé depuis.)
On l'a fait

Puis, demi-tour, une petite descente tranquille pendant environs 700 mètres nous a permis de rejoindre notre itinéraire équestre en vue d'atteindre Rémuzat, puis de longer sa crête à 1166 mètres. Nous avons traversé un troupeau de moutons dont l'un d'eux a surgi de nulle part, tapi dans les herbes et a surpris Marius, qui a entamé une petite course. J'ai craint qu'à nouveau il ne s'emballe et soit incontrôlable, mais j'ai réussi à le calmer et l'éloigner du troupeau.

Comme chacun de nous avait l'estomac dans les talons, nous sommes redescendus et avons rejoint la départementale avant de trouver une aire de repos.
J'ai débâté Marius qui a festoyé d'herbe bien verte et grasse et j'ai à mon tour déjeuné, réchauffé par quelques rares rayons de soleil. J'ai rencontré un groupe de parisiens en vacances et leur ai fait partager mon aventure en compagnie de Marius, suscitant toujours autant d'intérêt, en effet, de nos jours, dans le monde un peu fou dans lequel nous vivons, croiser un homme et un âne dans la montagne est hors du temps.

Vers 14h30, nous avons repris notre descente jusqu a Saint Nazaire, soit tout de même 7km de descente. Bien que tranquille, je me suis demandé s'il était plus facile de descendre que de monter.

Rochefourchat

Nous avons traversé la charmante bourgade de Rochefourchat, qui ne compte que trois bâtisses et une petite église avec son petit cimetière.

Nous sommes arrivés par la départementale au gîte équestre Le relais de la source, tout près de Saint Nazaire.

Aujourd'hui, malgré le temps et l'itinéraire en dents de scie que nous avons parcouru, j'ai pu apprécier les paysages dont la diversité est toujours aussi surprenante depuis le début de l'aventure, d'un vallée à l'autre, la végétation, le climat mais aussi l'écosystème changent.
Quant à Marius, il devient de plus en plus proche et dépendant de moi, cherchant ma présence et mon contact de plus en plus souvent, sans pour autant inciter à un rapport dominant/dominé.
Je pense que lui et moi entretenons une relation basée sur le respect et la complicité, sans que l'un ne cherche à prendre l'ascendant sur l'autre.

Demain, je pense consacrer la journée au repos, peut-être avancer un peu dans mon itinéraire dans l'après-midi.
Dès jeudi, je mettrai quelques photos en ligne.

A bientôt!

Vendredi 9 Août - J6 : Un p'tit coucou de Saint Nazaire le Désert

Les deux compères profitent de leur journée de repos
et vous saluent bien


Nous profitons d'une bonne journée de repos dans ce charmant petit village.
Côté temps, c'est pas terrible mais une connexion gratuite au camping du village me permet d'envoyer les photos de ces derniers jours et d aujourd'hui, grâce à Eric venu me rendre visite.
Un grand merci pour vos encouragements et vos messages de soutien, qui nous permettent, Marius et moi, de continuer plus sereinement notre aventure. Grâce à vous, le site affiche en moyenne 100 visiteurs uniques par jour!.
On reprend la route demain matin. Chevilles et sabots sont reposés. Direction La-Motte-Chalencon. Un peu plus de 23 km de sentiers en haute montagne (!!!!) dans le froid (1200 mètres d'altitude). Même po peur !!!!! Un vrai bonheur !!

Un petite rivière tranquille (La Roanne) coule dans le désert...

Le gîte

Marius vu du gîte.
Inquiétude : vais-je l'abandonner ??

Marius tout ému !!!

Le sejour dans le ravin a laissé des traces : le licol a arraché la peau au niveau du menton; Marius apprend à être un dur

Vendredi 10 Août - J7 : Marius, le faiseur de bonheur !

Dans un champ de lavande...

Hier soir, alors que j'étais seul au Relais de la Source, un cavalier, surgi hors de la nuit, André, est venu me rejoindre, avec sa jument. Nous avons passé une excellente soirée à partager notre passion quasi commune, ainsi que nos expériences. Au fil de la discussion, il m'a proposé de faire un bout de chemin avec Marius et moi le lendemain.
Nous avons donc pris le départ à 4, ce matin, vers 9h30.
Grand soleil au rendez-vous, mais le vent m'a fait supporter mon pull tout au long de la journée, même si par moment, j'ai eu très chaud. André avait en sa compagnie une petite Border Colley, qui, de sa vivacité instinctive, a fait cavaler Marius toute la matinée, à ma grande surprise.
Au moment où nous avons voulu prendre une photo de lui et de la jument d'André, allez savoir pourquoi, mais il a donné de grands coups de sabots...
Nous nous sommes séparés au bout de 6 km, chacun prenant un chemin différent.

Salut André!
André, sa jument et Marius
Nous avons entamé alors un itinéraire un peu compliqué, avec pas moins de 5 cols, entre 600 et 1133 mètres d'altitude. Nous avons donc passé successivement le col des Vignes, celui des Lièvres (886m), le col Chamauche (1037m), le col du Buisson (852m) et enfin le col du Buisson à 1012 m.
Marius s'est bien débrouillé!
J'appréhendais pour ma part un peu cet itinéraire, mais les sentiers étaient idéaux, malgré le dernier tronçon, entre le col du Buisson et La Motte Chalencon, très pentu. Je me suis rendu compte alors que c'était bien de descendre qui était le plus fatiguant. Entre le poids sur le dos qui entraîne le corps en avant et les dérapages incontrôlés sur les cailloux, difficile de ne pas perdre l'équilibre!
J'ai tout de même eu le privilège fugace de croiser deux biches. L'une d'elle a fait une grosse frayeur à Marius en détalant à notre vue, et l'autre s'était un peu approché du sentier, intriguée par le bruit que nous faisions.
Depuis combien de temps ce tacot est-il là?

J'ai quitté mon itinéraire pour rejoindre la ferme équestre Saint Antoine, à 2.5 km de La Motte Chalencon.
J'y ai été accueilli très gentiment par Francine et Robert Jouve, qui ont offert tout le confort à Marius.
Je me suis mis à table avec une vingtaine de convives et la soirée a été encore une fois très agréable, au fil des discussions. J'ai pris un délicieux repas préparé directement du producteur au consommateur, inutile de vous dire combien j'ai savouré tous les plats!

Une belle vue

Aujourd'hui, même si la journée a été très fatiguante en raison des 23 km de marche et de dénivelés, j'ai pris énormément de plaisir à constater le bonheur que transmet Marius à tous ceux que nous avons rencontrés.
Juste avant d'arriver à La Motte, j'ai croisé un couple de promeneurs. Lorsqu'elle a aperçu Marius, le visage de la randonneuse s'est éclairé et j'ai pu lire l'émerveillement dans ses yeux.
Depuis le début de ma relation avec Marius, c'est toujours le bonheur qu'il transmet aux hommes, pour mon plus grand plaisir.
L'une des deux biches que nous avons croisées.

J'ai découvert également l'intérêt grandissant de mon compagnon pour le monde qui l'entoure.
Je le savais curieux de tout, mais voilà maintenant qu'il aime faire du tourisme!
Il s'arrête presque sur toutes les fleurs pour en humer le parfum, bade le paysage panoramique, lève la tête dans le ciel, regarde tout, sent tout.... Mais n'avance pas !!!
Je dois de plus en plus souvent le rappeler à l'ordre...
Au loin, au centre de la vallée, La Motte Chalencon

Demain, je compte monter jusqu'au plateau du Saint Laurent, avec les vautours fauves, proche du village de Rémuzat.
Pour le moment, je viens de terminer ma lessive (les joies du randonneur...), j'ai fait déteint un short, il est vraiment temps que j'aille me coucher...

A demain!

Samedi 11 Août - J8 : La Motte Chalencon, Petite journée, mais belle rencontre !

Ma suite royale chez Francine et ma suite dans un ancien pigeonnier. .




Marius et Francine Jouve.

Marius qui domine le Pas des Ondes.


Petite journée samedi. Nous devions grimper sur le Saint Laurent pour y voir les vautours mais finalement nous nous sommes arrêtés vers 13 heures au camping La Piboure à La-Motte-Chalancon. Pris d'un mal de tête, j'ai débâté mon fidèle destrier pour entamer une petite sieste. A 16 heures nous avons levé le camp pour commencer la rando. Mais ma cheville me fait de plus en plus souffrir. Séquelles de jeunesse !! l'ascension s'annonçait donc difficile.


Après avoir marché quelques kilomètres, nous avons dominé le plan d'eau du Pas-des-Ondes où nous devions passer la journée trois jours plus tard. Réflexion faite et vu l'heure, j'ai décidé d'y descendre pour y rencontrer Manu, un guide de moyenne montagne et surtout un amoureux de la nature comme moi. Il travaille au lac mais n'y était pas lorsque je suis arrivé. Après avoir récupéré son numéro de téléphone, il est venu me rejoindre en fin d'après midi. Étant à la recherche d'un endroit où passer la nuit, il m'a proposé de dormir chez lui. Retour donc à La Motte... Marius a dormi en compagnie de deux agneaux dont Manu pendant quelques temps.

Cette rencontre fut très riche en échanges. Manu a lui aussi un âne! Nous avions donc plein de choses à nous raconter. Nous nous reverrons, c'est certain. D'autant qu'il a créée une association de randonnée entre l'Eygues ou l'Oule (Sentouleygues).

Demain lundi, direction le Saint Laurent et les vautours! J'ai hâte d'y être !!

Dimanche 12 août - J9 : Orage et belle rencontre !

Nous avons passé la nuit chez Manu, guide de moyenne montagne dont nous vour reparlerons à notre retour


J'ai quitté La Motte à 9h30 après avoir remercié Manu pour son accueil. J'avais prévu de répartir environs 26 km sur deux jours, sans trop savoir comment allait se dérouler cette étape.

Traversée des Gorges de l'Arnayon


Après m'être arrêté au camping de La Piboure où j'ai profité pour vous faire un petit coucou et envoyer que les photos, Marius et moi avons donc pris le sentier équestre tranquillement, nous nous sommes même offert de luxe de traverser l'un des nombreux champs de lavande.

Nous avons été chaleureusement reçu par Dédée au

Camping de la Pibourre

La chance a voulu que nous soyions en pleine période de récolte. J'aimerais vous faire partager l'essence qui se dégage sous nos pas, sans parler de cette féerie de couleurs.


Les dernières parcelles de lavande

Nous avons croisé un couple d'allemands qui nous ont accompagnés pendant un petit moment, et avons ainsi marché jusqu'à 900 mètres d'altitude.


Petite pause à la chapelle de Lioux


En arrivant sur le petit village de Lioux, j'ai choisi les hauteurs du village pour m'installer, débâter Marius et... Faire une petite sieste. Il était alors 17h.

Vers 19h, c'est la menace de l'orage qui m'a réveillé. Les gros nuages noirs s'ammoncelaient dans le ciel et j'ai commencé à m'inquiéter.
C'est alors qu'un couple de belges est venu à notre rencontre, se faisant également du souci pour nous.
A 21h, la pluie tombait drue et ils sont revenus nous proposer leur aide.
Ils ont pris mes sacs dans leur voiture et je les ai suivis, avec Marius, jusqu'à leur charmante bergerie.
Là, j'ai mis Marius dans le champ voisin et me suis fait gentiment héberger.
Encore une belle soirée, riche d'enseignements et de convivialité.

J'ai donc au final parcouru une quinzaine de km, soit un peu plus de la moitié du parcours que je m'étais fixé.
Ma cheville va mieux et Marius est au mieux de sa forme, quelques soient les conditions météorologiques. Pour l'heure, la pluie tombe sans arrêt me berce doucement...

A demain!

Lundi 13 Août - J10 : Une longue et belle (dé)marche!

Petite pause avant de grimper sur le Saint Laurent

Rémuzat vu du Rocher du Caire




Ca grimpe...

Les vautours...



Ca grimpe... encore...


A notre arrivée sur la place du village, il était 23heures

Hier à la bergerie, j'ai rencontré Brigitte et sa fille, Stéphanie. Marius et moi leur avons proposé de marcher ensemble et je pense aujourd'hui que c'est l'une des rencontres les plus riches et importantes que j'ai eu l'occasion de faire jusqu'alors.

Nous avons beaucoup parlé et échangé ensemble.

Elle m'a notamment informé sur une technique que je ne connaissais pas, le Reiki , et j'ai apprécié sa compagnie comme celle de sa fille.

Nous avons donc parcouru près de 20km, entre sentier tranquille et grimpette abrupte, même dangereuse par endroit, mais les panoramas que nous avons vus valaient largement cette peine.

C'est là aussi que mes craintes au sujet des surprises auxquelles ont ne s'attend pas par définition se sont avérées. Lorsqu'on emprunte un sentier, on ne sait jamais ce qui nous attend au bout. Et hier, au bout de celui que nous avions arpenté, se trouvait...Une grande barrière.

Nous avons donc dû débâter Marius et le faire passer sous cet obstacle, en pleine nuit...

Nous avons donc rejoint Rémuzat vers 23h, et nous sommes attablés pour siroter un soda, sous le regard médusé mais amusé des villageois présents.

Nous nous sommes installés au camping municipal, très fatigués mais le coeur et la tête dans les étoiles.

Demain, je compte rallier Pommerol, son camping et ses ânes.

Bonne nuit!

Mardi 14 Août - J11 : La clé est-elle au bout du chemin?

La veille nous étions là-haut !!!

Journée chaude, mais belle qui s'est agréablement étirée, malgré un démarrage relativement difficile.
Comme nous étions, Brigitte, Stéphanie, Marius et moi arrivés trop tard au camping de Rémuzat, nous nous y sommes installés en l'absence de sa gérante.

Et ce matin, c'est manu militari qu'elle nous a demandé de prendre congé, craignant un contrôle sanitaire, en raison de la présence de Marius, qui aurait dû passer sa nuit dans un parc réservé aux animaux,près du camping. Nous ne l'avions pas vu la veille en arrivant dans la nuit.
Sacrée mamie!

C'est donc à 8h que nous avons rebâté Marius pour l'attacher dans ce parc, pendant que nous prenions un petit déjeuner au café de Rémuzat.

Après avoir fait quelques courses et préparé la randonnée du jour, nous sommes partis de ce charmant petit village aux alentours de 12h45.
En raison de l'avancée de la journée, nous avons emprunté la départementale.

Vers 14h30, nous sommes arrivés dans le petit village de Cornillac, où nous avons déjeuné.

Il était temps d'accélérer un peu et nous nous sommes engagés sur un sentier équestre.
Nous avons franchi trois cols, dont l'un d'entre eux se situe à 1150 mètres d'altitude.
Toujours de belles et riches rencontres, entre randonneurs et autochtones, habitants des quelques fermes disséminées ça et là. Chacun raconte sa vie, sa passion, son métier, le temps qui passe.
Je suis dans ces moments-là toujours partagé entre mes priorités horaires et le plaisir que je prends à écouter parler les gens que je rencontre, tout comme celui de leur faire partager un peu de ma vie.
Alors que nous arrivions à un carrefour qui devait nous amener au col de Fau, nous n'en avons pas trouvé le sentier, certainement trop peu fréquenté et noyé dans la végétation, Mère Nature ayant repris ses droits. Nous avons donc coupé à travers les bois, sur un terrain très pentu.
Traversée d'autant plus difficile que la chaleur devenait de moins en moins supportable.
Marius, en revanche, s'adapte parfaitement et prend de plus en plus d'assurance, malgré la fatigue.
Le village de Pommerol

Finalement, nous sommes arrivés à Pommerol, ce fameux petit village abandonné situé à l'extrême est de la région, reconstruit par un chirurgien converti à la pierre. Le site est admirable au milieu des montagnes et des paysages verdoyants et ce n'est pas par hasard que ce village appartient aux villages de caractère de la Drôme. Il faut admirer notamment l'église du XIXe siècle ainsi que le site des gorges.
Laurence et Joël Morin nous ont accueilli dans leur camping.
Nous sommes très bien installés dans une caravane et Marius se repose tranquillement dans un petit parc attenant, avec nourriture à volonté à portée de licol!
Brigitte et Stéphanie sont toujours avec moi pour le moment, nous avons bien sympathisé et l'avenir nous dira si demain, elles m'accompagneront jusqu'à Rosans, à la limite entre la Drôme et les Hautes Alpes,sur le sentier qu'empruntait jadis le facteur.
Toujours est-il que pour le moment, leur compagnie et leur présence m'apportent certaines des réponses aux questions que je me pose.
Avec Marius, j'emprunte non seulement les chemins de la Drôme, mais en plus celui de ma vie.
A demain!

Mercredi 15 Août - J12 : Re-pos!

Nos sympathiques hôtes du camping de Pommerol!!



Sur les conseils de Joël Morin, qui craignait que la chaleur prévue ne nous empêche de prendre la route dans de mauvaises conditions, nous avons décidé de rester sur Pommerol en ce jour férié.

Et nous ne l'avons pas regretté!

Chouette caravane pour se reposer

J'avais envisagé au départ de m'offrir une journée de repos à Montbrun les Bains , je me suis posé la question suivante:
Aller nager dans une piscine thermale entouré de gens que je ne connais pas, et sans Marius, ou patauger au bord de la rivière, avec mon fidèle compagnon, écouter de la musique au bord de l'eau et profiter de la compagnie de Brigitte et Stéphanie, avec lesquelles j'ai crée une formidable
amitié?
Le site de ce camping est magnifique

Comme dirait l'autre, y a pas photo, c'est décidé, je reste ici!

C'est donc ce que j'ai fait tout au long de la journée. J'ai remonté le petit cours d'eau en bas de Pommerol.

Marius, quant à lui plutôt fatigué, après avoir parcouru quasiment la moitié de notre itinéraire, n'a pas refusé ce repos, dans le parc ombragé où je l'avais attaché, avec d'autres de ses congénères.
Malheureusement, la chaleur étouffante a attiré une colonie de taons et a attaqué Marius.
Même les lotions répulsives qui d'habitude sont efficaces n'avaient pas d'effet sur lui.
Il s'en remettra mais j'ai souffert pour lui!
De plus en plus attaché à moi, il s'impatiente toutefois de ce rythme cassé depuis quelques jours.

Marius avait trouvé de nouveaux amis...

Si je n'avance pas dans mon parcours, en trois jours, ma quête personnelle sur le sens de ma vie, elle, a chaussé des bottes de sept lieues.
Je pense avoir trouvé enfin certaines clés.
Je finis par comprendre que le hasard n'existe pas dans ma vie et que tous les lieux que j'ai visités, toutes les rencontres fabuleuses que j'ai faites jusqu'ici ne sont pas arrivés par coïncidence.

Je vais désormais poursuivre mon aventure telle que je l'avais prévue au départ, même si personnellement, j'ai achevé mon parcours, ce qui me rend heureux et serein pour l'avenir.

Et surtout, j'ai retrouvé foi en la nature humaine, avec toutes ces personnes remarquables, rares, qui m'ont offert des bouts de leurs vies, de leurs âmes, mais aussi leurs toits, pour une soirée ou une nuit.

En attendant que mon dos et mes chevilles se remettent en état de marche, je vais passer une nuit de plus à Pommerol, avant de rallier demain Rosans, à 12km.

Bonne nuit!

Jeudi 16 Août - J13 : Orage du matin, repos certain!

Marius, notre nouveau sèche-linge !!
Nous qui voulions nous lever tôt, c'est l'orage qui nous a devancés en s'abattant sur nos têtes au lever du jour.
Je me suis vite recouché et ai attendu à l'abri des bras de Morphée plus d'une heure et demie que les cieux soient plus cléments. Si un jour, vous avez la chance de croiser Brigitte sur votre route, ne la croyez pas si elle vous dit que l'orage n'était qu'un prétexte pour prolonger ma nuit!

Le temps que Marius sèche et que nous nous préparions, il était 13h30 quand nous avons quitté la haute vallée de l'Oule, nous avons dit au revoir à Pommerol et sommes entrés en pays Rosanais. Après avoir traversé des sentiers boisés, avec de fabuleux paysages, mais radicalement différents, vallée après vallée.
Comme précédemment, les panoramas se suivent mais ne se ressemblent pas.
Il me manque juste un accès Internet pour vous les faire découvrir.
Sur le chemin, nous avons croisé des hollandais qui nous ont expliqué que nous faisions fausse route, donc, demi-tour, et 3km pour rien, 3!

Nous avons quitté la haute vallée de l'Oule pour le Rosanais

Le trajet s'est tout de même bien passé, pas de dangers particuliers si ce n'est qu'un début difficile pour Marius, qui a eu bien du mal à reprendre son rythme. Mais nous avons fait moins d'arrêts intempestifs pour nos agréables causettes avec Brigitte, qui nous quitte demain, mais avec laquelle je vais rester en contact, tant sa rencontre a été cruciale.

Nous avons passé tranquillement le col de La Fromagère, qui culmine à 1072 mètres, finalement une altitude moyenne pour nous!

A part sur les premiers kilomètres, les sentiers étaient parfaitement pratiquables, une bonne moitié de montées et tout le reste de descente.

Nous y sommes !!

Nous sommes arrivés à Rozans aux alentours de 20h et avons été accueillis chaleuresement dans un C.A.T (centre d'aide par le travail). Ce centre gère un cheptel de 450 moutons et quleques dizaines de chèvres, produisent leur viande Label Rouge, Marius dort d'ailleurs en leur compagnie.
Nous sommes seuls, comme des rois.

Mon itinéraire prévu a été un peu bousculé et malheureusement, je vais devoir le raccourcir de quelques kilomètres, compte tenu du fait que nous avons épuisé, Marius et moi, tous nos jours de R.T.T...

Demain, je vais à Montmorin!

Bonne nuit!

Vendredi 17 Août - J14 : Au p'tit bonheur la chance !

Les compagnons de chambrée de Marius !!



Un chaleureux au-revoir avant de quitter le CAT


Des biquettes... comme à la maison !!


Les jours ne se suivent pas et c'est pour ça qu'ils ne se ressemblent pas.

J'ai dû gérer les impondérables et bousculer plus que je ne le pensais mon itinéraire de départ.

Ma cheville me pose un sérieux problème et le retard pris au hasard des magnifiques rencontres que j'ai faites me contraignent de raccourcir ma randonnée de quelques kilomètres et quelques jours aussi.

Tant de montagnes encore à gravir...


Aujourd'hui, exit Montmorin et bonjour Montferrand la Fare , soit un retour dans la Drôme provençale.

Sans avoir eu le temps de préparer ce périple soudain, Marius et moi avons donc fait beaucoup de goudron. Du coup, nous n'avons pas été ralentis par les gentils randonneurs ou chaleureux autochtones.
Brigitte a décidé de poursuivre l'aventure avec nous, sans se poser trop de questions quant à la suite de son itinéraire et nous formons un trio sympathique.

Nous n'avons pas subi de fort dénivelé, entre 600 et 800 mètres.

Nous avons installé la tente sous un tilleul et près d'une rivière


Nous sommes arrivés tranquillement à Montferrand la Fare et nous allons dormir sous la tente, presque à la belle étoile, le temps est plutôt clément.

Demain, je vais improviser, et qui sait, peut-être rallier Saint Auban sur Ouvèze.

Bonne nuit!

Samedi 18 Août - J15 : Il y a des jours comme ça...

Une fois n'est pas coutume, nous avons quitté La Fare vers 9h, avec une casserole, la SEULE en moins, sans doute oubliée à Pommerol... Pour faire cuire ma tambouille, autant vous dire que ça va pas être de la tarte...

Après quelques kiomètres, nous sommes tombés sur un gîte dit "équestre" dans le texte et dont la propriétaire, aussi perchée que les lieux, nous a bien fait comprendre que nous ne serions pas sélectionnés pour faire partie de sa clientèle triée sur le volet, plutôt du genre bobo.
Comme nous n'avions décidément pas les memes valeurs, elle nous a éconduits et indiqués Saint Auban sur l'Ouvèze, à trois heures de marches de son ranch, digne de Southfork.

Après l'effort, la récompense devant la beauté du panorama
Nous avons donc entamé une grimpette solide, avant d'atteindre le col de Corbière, où Marius a décidé de faire sa petite pause, couché avec ses sacoches, dans un magnifique bois. Brigitte et moi en avons profité pour discuter un peu de nos avenirs de randonneurs et Marius Tour 2008 a pointé le bout de son nez. Comme quoi, contrairement aux doutes de bartonfink, on ne fait pas que rêver au fil des vallées qui défilent...

Pour Marius, une petite sieste s'impose.

A suivre...

Ensuite, re-grimpette jusqu'au col de Haute Huche .
Le panorama est à couper le souffle, et vaut bien ce fort dénivelé.

Nous sommes ensuite redescendus aussi rapidement que la pente était aigue et avons rejoint Saint Auban sur l'Ouvèze, où ma carte IGN, imprimée en 2004 d'ailleurs, indiquait le choix entre deux gîtes équestres.
La propriétaire du premier nous a informés que son gîte était fermé depuis 6 ans, et l'autre depuis 3 ans. Elle possédait encore quelques ânes mais ne désirait pas s'encombrer de notre compagnie. Merci IGN, merci Madame!

Saint-Auban... en passant...


Là, j'avoue que j'ai découvert les limites de ma patience.

Il nous a fallu marcher 7 km sur une petite départementale pour atteindre enfin le camping Au Clocheton, à Montauban sur l'Ouvèze.
Et enfin une belle rencontre, la première de la journée.
Ce couple franco-belge adorable nous ont accueillis chaleureusement et nous ont remontés le moral, que j'avais personnellement dans mes chevilles douloureuses.
L'endroit est magnifique, simple et peuplé de cyclistes, amoureux du Tour de France, puisque nous sommes proches du col du Perty, très prisé des fanas de la petite reine.
Bar, restaurant, épicerie, tout y est réuni pour passer une bonne soirée et une nuit salvatrice.
Nous venons d'ailleurs de déguster une tarte à la ratatouille divine, je songe accrocher une étoile en quittant les lieux.

Demain, je change de vallée à nouveau et me diriger vers Montbrun les Bains, où j'avais établi sur mon itinéraire initial de faire une halte thermale.

Bonne nuit!

Dimanche 19 Août - J16 : Le monde est petit, mais il est beau!

Encore une nuit plutôt fraîche, passée à côté de la rivière et donc rosée du matin, chagrin...

Nous avons pris le temps de tout ranger, faire nos lessives, les sécher.
Pour le ravitaillement, nous sommes allés à l'épicerie du camping.
A ma grande surprise, j'y ai trouvé une de mes correspondantes à La Tribune , Jolaine, qui faisait ses courses.

Nous avons été très heureux de nous voir en dehors de la rédaction.
Du coup, elle nous a rejoints à la terrasse où Birgitte et moi prenions un café, elles ont fait connaissance et nous avons papoté un peu....Jusqu'à 14h où nous avons tout de même déjeuné...
Elle a enfin rencontré Marius qui a eu sur elle le même effet d'émerveillement que sur tout le monde!

De fil en aiguille, je lui ai confié que je n'avais plus de casserole et que Brigitte n'était pas équipée pour la randonnée.
Elle a accepté gentiment de nous dépanner.

Après le repas, l'heure était déjà bien avancée et il fallait songer à préparer le départ, dont j'étais loin de me douter qu'il allait être difficile.
En effet, Jackie et Martine, les gérants du camping, ont eu bien du mal à nous laisser partir,tant notre rencontre a été belle et riche.
Entre le chaleureux accueil, les talents hors-pairs de de Jacky et le cadre idyllique du camping, autant vous dire que les adieux ont été déchirants, avec les enfants qui nous couraient après pour les dernières photos...

Photos souvenirs avant le départ


Je tiens à les remercier encore pour ce séjour très agréable.

Mais il était déjà 16h et nous devions prendre la route.



C'est donc sur un chemin tranquille que j'ai choisi de mener ma petite troupe au pas de Marius qui était ravi de reprendre son rythme, lorsqu'il n'était pas distrait par une fleur ou du crottin de cheval...
Nous avons donc parcouru 14 km en 4h.
Entre deux foulées, nous avons croisé une vieille dame d'environs 80 ans, très alerte, affairée dans son potager. Comme nous avions oublié d'acheter des légumes à l'épicerie, nous lui avons proposé de nous en vendre.
Elle a refusé et nous a donné quelques belles tomates fraîches, directement du producteur au consommateur, et garanties 100% bio!
Une sacrée mamie rock' roll!


Les photos parlent d'elles mêmes... Sur la première, au loin le Mont-Ventoux... Comme deux gros coquillages accrochés au rocher...

Au fil de notre ascension, nous avons atteint le Pas de Bouvrège, qui domine deux vallées, dont celle de l'Ouvèze.
Inutile de vous dire combien sublime est le point de vue à 1077m d'altitude, nous nous sommes sentis un instant les rois du monde, avec au loin le Mont Ventoux, où j'ai prévu de faire une halte d'ici deux jours, et ce gros rocher mystérieux, emplacement de l'ancien fort de Mévouillon. Nous avons vu des parapentistes flirter avec le soleil couchant, donnant au panorama des couleurs exceptionnelles.
Un beau moment d'émotion et de sérénité, que j'aime particulièrement dans mes randonnées, sentir l'air pur, le calme et la puissance de la nature qui force le respect de l'homme.

Nous sommes ensuite redescendus à quelques encablures de Pelleret, charmant hameau.

Nous allons dormir à la belle étoile, et la lune vient de se lever, il est temps pour nous d'aller nous coucher...

Demain, nous devons partir de bonne heure, 22km nous attendent si nous voulons rallier Montbrun les Bains.

Dès que je le peux, je posterai mes photos.

Bonne nuit!

Lundi 20 Août - J17 : Journée cosmopolite!

Un p'tit bonjour en passant !!

Derniers regards sur cette vallée avant de rejoindre Montbrun-Les-Bains


Luc O'Brian, un sympathique parapentiste australo-irlandais.


Très curieux Marius devant ce balai de voiles multicolores

Nous avions choisis de dormir à la belle étoile pour justement avoir le plaisir de contempler les cieux illuminés, manque de bol, non seulement la couverture nuageuse nous a privés du spectacle, mais encore ce matin, c'est le froid et le vent qui nous ont réveillés!

Pour le lever de soleil, nous repasserons...

Nous avons pris le départ vers 8h30, à sec, en quête d'eau, que j'avais donné à Marius.

Comme nous voulions absolument boire un petit café, nous avons été jusqu'à une habitation où son propriétaire néerlandais nous a reçus. J'ai donc confié sa première mission d'interprête à Brigitte qui maîtrise cette langue nordique à la perfection.

Après une heure visiblement passionnante de conversation, nos gourdes pleines, nous avons enfin pu nous faire notre première mouture et étrenner par la même occasion la casserole que Jolaine nous a donnée la veille.

Le café était succulent, merci Jolaine!

Nous avons quitté Pelleret en direction de Montbrun, en longeant le fameux rocher, fondation de l'ancien fort de Mévouillon. Nous avons traversé ensuite le charmant hameau Le Col, appartenant à la commune de Mévouillon.

Il était temps de passer aux choses sérieuse et d'attaquer la grimpette vers un col au sommet duquel nous attendait un spectacle de toute beauté, un étrange balai multicolore de parapentistes. Marius n'a pas perdu une miette des évolutions aériennes, très intrigué par cette cascade colorée.

C'est là que nous avons rencontré Luc O'Brian, personnage fort sympathique avec lequel Brigitte, polyglotte dans l'âme, a conversé dans la langue de Shakespeare pendant un long moment, jusqu'à ce que Marius et moi leur demandions prestement de lever le camp.

C'est pas le tout de causer chiffons, mais faut qu'on avance... (Dixit Marius bien-sûr).

Nous avons ensuite gravi un autre col, celui des Arles, à 1012 mètres d'altitude, avec encore un panorama sublime et inédit.

La descente rapide s'est faite sur 5 ou 6 km.

Des panneaux nous indiquaient Montbrun à 10km et ce n'est qu'au bout de 20 que nous y sommes arrivés, merci la signalétique, l'humour est au rendez-vous de la journée!

Là, Raymond, un correspondant pour la Tribune de Montélimar, nous avait réservé une place au camping municipal, dont le propriétaire a accepté gentiment de nos héberger avec Marius.

Nous avons pris le temps d'installer notre campement, d'attacher Marius près de nous, de faire quelques courses, nos lessives, et avons rejoint Raymond, qui nous avait invités pour l'apéritif chez lui. J'en ai profité pour poster quelques photos.

Nous avons passé un très agréable moment en sa compagnie et avons rejoint dans la soirée le camping, dont la vue sur Montbrun est imprenable.

Demain, nous allons en direction de Buis les Baronnies.

Bonne nuit!

Mardi 21 Août - J18 : Froid, humide, mais très cool !

Il paraît qu'en août, peu de gouttes inondent cette vallée !!


Compte tenu du temps d'automne dès le lever du jour, nous avons préféré rester sur Montbrun, au camping.

La tente est toute mouillée, nous aussi, la couverture de Marius est trempée.

Alors Brigitte, en fidèle assistante, a discuté avec le responsable du camping qui a très généreusement accepté de nous héberger dans une de ses tentes tout confort, où nous sommes enfin au sec, au chaud et pouvons faire l'étoile dans les lits des deux chambres.

Quelques instants de complicité entre Marius et moi...

"Je ne sais que trop ce que c'est que d'être mouillé."Nous a-t-il dit.

Encore une extraordinaire rencontre au détour de ma randonnée.

Comme la météo semblait avoir compris que nous n'avions pas pris de repos depuis Pommerol, la pluie a continué à tomber jusque dans l'après-midi.

Qu'à cela ne tienne, avec un tel endroit magique, nous n'allions pas nous priver de visiter les environs.

Montbrun tout d'abord, vraiment médiéval jusque dans ses moindres pierres, magnifique petit village.¨

Quelques photos du très beau village médiéval de Montbrun

Puis, grâce à super Raymond qui nous a gentiment prêté sa voiture, nous nous sommes rendus au château d'Aulan, où la charmante petite rivière le Toulourenc prend sa source et donne ainsi son nom à la vallée que nous comptons traverser demain.

Visite du château d'Aulan

En provençal, "toulourenc" signifie "tout ou rien", en rapport avec le débit de la rivière qui tantôt est en crue, tantôt sèche, selon le guide du château.

Nous avons donc fait les touristes, pendant que Marius, devenu en peu de temps la coqueluche du camping, se faisait gâter par les enfants et les campeurs, entre cure de légumes et toilettage poussé.

Une star ce Marius !!

Voilà donc une journée super cool, faite de détente, de découvertes et de plaisir partagé.

Demain, car il faut bien partir, nous comptons nous rapprocher le plus possible de Buis les Baronnies, même s'il ne nous reste "que" 70km à faire d'ici vendredi soir, date prévue de mon arrivée.

Bonne nuit!

Mercredi 22 Août - J19 : Bouchées Doubles !

Les propriétaire du camping de Montbrun

Ce matin, Marius s'est levé du sabot gauche et a estimé qu'il était grand temps de signifier son mécontentement envers Brigitte, dont il est très jaloux. Ainsi lui a-t-il écrasé sa chaussure, lui défaisant toutes ses coutures.
Randonner,c'est déjà pas fastoche, mais à cloche pied, c'est beaucoup plus compliqué!
Heureusement, en allant ramener sa voiture à Super Raymond, sa femme, Micheline, nous a dépanné et a prêté un pull et une bonne paire de chaussures de marche à Brigitte, qui finalement finira parfaitement équipée et non en touriste!

Raymond et sa femme Micheline venus caresser Marius

Le temps de saluer tous les campeurs, les fans de Marius et nos sympathiques hôtes et il était déjà 11h30 quand nous avons quitté Montbrun.

Une petite photo pour immortaliser le départ de Montbrun-les-Bains

Là, fini de rigoler, il nous fallait nous avancer le plus possible de Buis les Baronnies.

Nous avons entamé sur le goudron, terrain qui plaît plutôt bien à Marius, qui va finir par devenir citadin. Le trajet est plus long en kilomètres mais facile et plat, ce qui nous a permis d'avaler les kilomètres assez allègrement.Escapade dans le Vaucluse durant quelques dizaines de kilomètres

Nous avons dépassé Reilhanette et longé la vallée du Toulourenc pour arriver jusqu'à Brantes, à la limite entre la Drôme provençale et le Vaucluse, qui fait face au Géant de Provence, alias le Mont Ventoux.
Face au Ventoux, le petit village de Brantes... Accès en âne interdit !

C'est à Brantes que nous avons fait une pause déjeuner.
Marius, apparemment mécontent de son menu, est venu nous chiper notre pain dans le sac et semblait ne pas vouloir nous le rendre, d'après ses courses effrénées et les ruades dès que Brigitte tentait de l'approcher.
Petit chapardeur!

Nous autres, humains civilisés, avons profité de tous les fruits que Mère Nature nous offre, comme les figues, mûres, pommes et autre prunes trouvée ça et là le long des chemins.
Quelles belles plâtrées nous nous sommes mis!
Plaisians
Au détour d'un sentier que nous avions pris avant de nous arrêter, nous avons atteint Plaisians, sublime petit village au paysage unique et très pittoresque.

Nous avons poursuivi au pas de charge et sommes arrivés à 7 km de Buis les Baronnies. Là, nous avons trouvé une habitation dont le propriétaire nous a gentiment cédé une partie de son pré.

Nous allons donc passer la nuit sous la tente, nos affaires au sec, vues les prévisions météo pluvieuses de demain.
Quelle vue imprenable sur le Géant de Provence

D'ailleurs, qu'il pleuve ou qu'il vente, (manquerait plus qu'il neige), nous prendrons la route, nous avons prévu de parcourir 27 km jusqu'à Chateauneuf de Bordette, via Buis.

A demain!

Jeudi 23 Août - J20 : Un homme, un âne et une mûle, galères !

Une petite carotte avant de partir!

Finalement, la météo a fait un nouveau caprice, mais à notre avantage, nous étions au sec ce matin.
Nous avons donc pris la route vers 10h, après avoir pris un petit café avec le propriétaire du pré où nous avions planté la tente la veille. Il nous a conseillé un autre sentier que celui que j'avais prévu.

Nous étions partis pour une marche de 23km en partant de Buis les Baronnies, qui était déjà à 7km d'ici et étions loin de nous douter que nous allions devoir rallonger le parcours...
En arrivant à Buis-les-Baronnies, le Saint Julien domine

Marius ne voudra jamais passer par là !!

Buis-les-Baronnies, une halte le temps de reprendre des forces.

D'entrée, de la grimpette, et prononcée!
Du coup, je me suis retrouvé avec un âne qui soufflait et une mule qui râlait...A leur décharge, nous avons tout de même parcouru 7 km en deux heures.
Heureusement que nous nous sommes arrêtés à Buis, pour manger et nous reposer, car Brigitte nous a fait une petite chute de tension.

Avant de poursuivre notre route, qu'il est beau de se retourner pour admirer le chemin parcouru

Blague à part, je tiens à lui tirer mon beau chapeau car elle n'est pas une randonneuse, n'avait pas prévu de nous accompagner si longtemps et si loin et a tenu le coup sans broncher ou presque jusqu'ici et je suis particulièrement honoré de sa compagnie.

Une fois toutes les batteries rechargées, nous avons repris notre périple et au trot!

Nous sommes arrivés enfin à Chateauneuf de Bordette, où le directeur de La Tribune nous attendait.
Il est propriétaire du gîte Les Perdigons, petit bijou provençal.
Nous avons été accueillis royalement.
Le repas était délicieux et enfin nous avons dormi dans un vrai lit, dans un cadre exceptionnel.

Et nous l'avons bien mérité!
En effet, finalement, nous avons parcouru au moins 35 km.

Demain, en principe, home sweet home...
Bonne nuit!

Vendredi 24 Août - J21 : Home, sweet home!

De jeunes touristes en vacances au gîte des Perdigons enchantés d'avoir rencontré Marius

Les Perdigons est un endroit tellement enchanteur que nous ne l'avons quitté que vers 13h.

Il s'agissait de ne pas traîner.
Sauf qu'avec la journée à toute vitesse de hier avec tous ces kilomètres avalés, mes chevilles n'ont pas voulu collaborer.
J'ai donc pris la route sur trois pattes, avec ma canne de randonneur.
Heureusement, on a pris que du plat, entre chemins et goudron, sans trop de dénivelé.

Nous avons rejoint Les Pilles, petite commune partagée par l'Eygues, que nous avons longé, historie de ne pas prendre la départementale. Après 5 km, nous nous sommes arrêtés pour manger et nous reposer.
Au café du Pont à Nyons : "Garçon : deux Coca, un seau d'eau et un bout de pain sec, siouplé !!"

Dès notre départ, nous n'avons cessé de rencontrer des gens, randonneurs, touristes ou villageois, toujours aussi charmés de notre présence et très curieux de notre petite tribu.
Nous avons traversé la commune de Nyons, dont la rue commerçante se souviendra longtemps de Marius et ses sacoches qui ont quelque peu dérangé les devants de portes des boutiques...Peut-être voulait-il faire du lèche vitrines?
Un couple de retraités, globe trotteurs, qui venait d'acheter une petite maison sur Nyons, a décidé de nous tenir compagnie pendant quelques kilomètres, le temps d'une très agréable conversation.
Ensuite, Marius s'est mis a accélérer, comme s'il sentait ou reconnaissait le chemin proche de l'arrivée.
Encore Venterol, où mon fidèle compagnon a fait sensation et accordé quelques clichés à ses fans, puis Novezan (ou Novizan) et...

Rousset les Vignes enfin!

C'est donc à 21h30, après 25 km , que Marius, Brigitte et moi avons bouclé la boucle.

Dès que Marius a retrouvé son parc, il s'est empressé de se rouler sans l'herbe, tout heureux de se retrouver chez lui, sur ses terres. Instinct? Bonheur?
Toujours est-il que lorsque je me suis éloigné de lui pour rentrer chez moi, il s'est mis à braire, il a sans doute compris que désormais, nous allions moins nous voir...

Je compte lui offrir très prochainement une manucure mérité chez le maréchal-ferrant, ses sabot sont abîmés.

Je suis fatigué, mais HEU-REUX.

Je m'accorde une petite pause, le temps de reprendre mes marques et je vous poste quelques photos très bientôt.

Merci, à toutes et à tous, @ très vite!
On rentre au pays !!

Marius Tour 2007 - Un grand merci ...


Voilà plusieurs semaines que nous sommes rentrés. Brigitte a pris le TGV du retour... Moi le chemin du boulot... Difficile retour aux réalités après tant de jours passés à contempler les paysages, les montagnes et les étoiles. Se remettre dans le bain. Difficile...
Et puis les jours passent, les souvenirs s'estompent peu à peu. Alors, pour les conserver intacte j'écris le récit de cette aventure.
En attendant de faire partager ce qui sera peut-être un jour un livre, je tenais à vous remercier tous.
Mélina d'abord pour son aide car sans elle, je n'aurais pu vous faire partager cette aventure au jour le jour. Malgré l'heure tardive de mes appels elle a toujours répondu présent pour rédiger le récit du jour!
Un grand merci à tous ceux qui nous ont accueillis pour un repas ou une nuit, le temps de quelques pas ou de quelques heures de marche. Je pense plus particulièrement Marie-Jeanne et Mireille du gîte étape de Fontlargias, Pascaline et Alain Chambart de Tzig'Âne, Dédée du camping de La Motte Chalencon, la famille Morin du camping de Pommerol, le CAT de Rosans, les responsables du camping de Montauban et celui de Montbrun-les-Bains...
Un grand merci également à toutes celles et ceux qui nous ont accueillis. Je pense plus particulièrement à Henriette et Jean-Philippe rencontrés à Fondoresse, Manu de la Motte Chalencon, Alain de Léoux, sans oublier les correspondants de La Tribune qui nous fort bien reçus : Raymond et son épouse, Jolaine, Joël. Merci aussi à Philippe et Chantal pour cette dernière nuit avant la dernière étape.
Un grand merci à tous ceux qui ont partagé cette aventure, tous ceux que j'ai croisé sur les sentiers, dans les villages ou les campings.
Je n'oublie pas les visiteurs de ce blog qui nous ont encouragés tous les jours en nous laissant leurs messages. Croyez-moi, ça fait chaud au cœur et ça donne de l'énergie dans les moments de "pas bien". C'est toujours très agréable de lire les messages de celles et ceux que l'on a croisés.
Enfin, une pensée toute particulière pour Brigitte : "Bravo à toi pour ce que tu as accompli. Tu m'as impressionné. Merci pour tout, car tu m'as apporté beaucoup dans cette quête de vie.

Merci à tous et peut-être à l'année prochaine sur les chemins de traverse !!

Heureux qui comme Marius, a fait un beau et long voyage ...

Heureux qui comme Marius
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Marius
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé après
Maintes traversées
Le pays des vertes allées

Par un petit matin d'été
Quand le soleil vous chante au cœur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Quand on est mieux ici qu'ailleurs
Quand un ami fait le bonheur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Avec le soleil et le vent
Avec la pluie et le beau temps
On vivait bien contents
Mon âne, ma Provence et moi
Mon âne, ma Provence et moi

Heureux qui comme Marius
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Marius
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé après
Maintes traversées
Le pays des vertes allées

Par un joli matin d'été
Quand le soleil vous chante au cœur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Quand c'en est fini des malheurs
Quand un ami sèche vos pleurs
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Battus de soleil et de vent
Perdus au milieu des étangs
On vivra bien contents
Mon âne, ma Drôme Provençale et moi
Mon âne, ma Drôme Provençale et moi


Paroles et Musique: Georges Brassens 1969
© Editions Hortensia
note: du film "Heureux qui comme Ulysse"
arrangements de circonstance bouille
video

Marius Tour - Au détour d'un regard, histoire d'une quête devenue commune

Pour que Marius avance plus vite, Brigitte a tenté de l'attirer avec des biscottes...
Une version belge de la carotte...

A vous deux,


J’avais un rêve, un rêve d’enfant….
je voulais voir le monde autrement…..
plus beau, moins grand, moins égoïste et plus parlant.

Je rêvais d’un endroit où les gens seraient différents…
et puis j’ai grandi, j’ai compris, que notre monde
était seulement rempli de gens…..
avec un cœur moins grand, moins comprenant

Mais dans ma quête à la recherche « d’un monde meilleur »,
au fond de moi, quelque part, j’ai continué à nourrir ce rêve ailleurs.

Chemin faisant, sur ma route, j’ai construit ma vie,
faite d’allants et d’expédients,
ne pensant pas trop à certains moments, juste avançant,
entraînant dans mon sillage, la venue de deux têtes blondes à ce voyage
et ayant pour unique adage « on avance, on avance, c’est une évidence
que l’on a pas assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens, on avance…. »

Un jour, de passage à Léoux, en vacances, j’y ai rencontré en mage en voyage.
Il cherchait un message, la route vers la quête de sa vie….
emportant dans ses bagages, la promesse d’un héritage dont les clefs seraient posées
à la foulée de ses pieds par monts et vallées dépassés …..à 300 km de pas de là….
C’était un mage qui voulait devenir « un sage » et qui était de passage là…

A la croisée des chemins, je lui ai pris la main et d’entrain, ai pris la queue du train à pied avec pour unique bagage un sac à dos, ma fille et la vue d’un voyage d’une journée
seulement à foulées de pieds par monts et vallées au défilement de l’enchantement des paysages…..
De cet habile concoctée, j’ai pris la clef du voyage, 11 jours durant,
dont 3 jours seulement avec Stéphanie ma fille……

C’est au bout, au bout du bout….
du monde, d’un monde…
autour d’une ronde ou gronde en ronde mille ondes,
des âmes de ce monde que j’ai trouvé le secret des clefs que je cherchais…
partout où j’allais, de ce que l’on me racontait, de ces gens et ces choses que je croisais,
je marchais, j’avançais un peu plus et découvrais « le vrai du vrai »…..
de cette quête qui dure, où l’on endure les souffrances et les maux que ne disent les mots
avec quelques pas de trop, tout devenait « ce trop »….
trop dur, trop lourd, trop plein, trop mal, trop rien….
et de ce rien, l’on revenait à « trop », trop de tout….

Puis, après quelques jours, à l’autre bout, les pieds fatigués, la tête lourde de pensées,
il y avait l’arrivée à la fin d’une journée de cette grande chavirée….

Aussi, au bout d’une allée, après toutes ces routes que nous avions endurées,
avec pour dernière accompagnatrice cette étoile filante dans ce ciel étoilé du 24 août dernier, l’ambassadrice d’une dernière lueur, nous a guidée et accompagnée l’espace d’un instant sur ces dernière foulées épuisantes, finalité à notre incroyable randonnée……

Ce fût une joyeuse entrée que celle du pèlerin qui revient et l’attente impatiente des siens, ne demandant rien, qu’une étreinte à celui, qui 3 semaines plutôt s’en allait chemin faisant vers d’autres coteaux….

Ce fût une belle aventure qui marquera pour longtemps durant encore, pour ne pas dire toujours le cours de ma vie…
Cette légende que l’on écrit à la foulée des pieds fatigués et meurtris et sur laquelle aboutit l’histoire de sa vie….
pour être passée sur ce corps qui à tords avait déploré tous nos efforts,
nous avons grandi Steph et moi, pour ne pas dire nous 3…
et ce qui nous unis à aujourd’hui, c’est l’histoire de notre vie…
celle que nous nous sommes contée et racontée….
celle que nous avons affrontée et dépassée….
celle que nous avons enfin réconciliée avec ce bout de nous-mêmes….
ce bout du bout que nous avons touché et qui nous a marqué….
pour enfin nous trouver…..

MERCI à toi Steph, MERCI d’avoir été là….
MERCI d’avoir accepté ce bout de randonnée…
Et m’avoir permis enfin de me retrouver…..

A Bouille et Marius
Avec toute mon affection

Brigitte

La boucle est bouclée... mais 2008 se dessine déjà...

video video
Après trois semaines de marche, Marius semble comme moi, un peu perdu dans cet enclos sans monts et vallées à fouler.

J'avais un rêve de gosse : randonner avec un âne
J'avais un défi : parcourir 300 km en trois semaines
J'avais une revanche : montrer à ses escrocs d'assureurs que je n'étais pas encore mort
J'ai été au bout de moi même. Gravi chaque col. Arpenté chaque sentier. Pari gagné! Défi réussi! Je suis allé au bout de ce périple malgré la douleur de mes chevilles qui me rappelait à chacun de mes pas les séquelles d'une blessure d'ado mal soignée. Mais au bout du bout, quel bonheur d'y être arrivé. Au bout du bout, quel plaisir de pouvoir dire : "Je l'ai fait..."

Au-delà de la douleur des courbatures, cette randonnée fut avant tout une quête. Un quête sur moi même. Me retrouver face à moi-même, face à mes doutes, face à mes espoirs, mes désespoirs... Bon nombres de personnes se lancent sur le chemin de Compostelle. J'ai préféré les sentiers moins fréquentés mais Ô combien plus beaux, de la Drôme. Et quelle aventure...
Tous les matins, le même cérémonial : brossage, bâtage, équilibrage des sacoches.
Tous les soirs, le même objectif : trouver un endroit suffisamment enherbé et un point d'eau pour celui qui portait mes vivres. Celui qui partageait cette folle aventure. Lui qui finalement n'avait rien demandé et qui s'est vu embarquer dans ce périple de trois semaines. Jamais il n'a râlé, jamais il ne s'est arrêté pour ne plus avancer. Mais si Marius n'avait pas été là, sans doute jamais cette aventure n'aurait germé dans ma tête avant de se dessiner dans les magnifiques décors de notre belle région.

Après une nuit sous les étoiles, dans un gîte ou camping, on repartait tous les matins pour une journée que l'on espérait pleine de rencontres... De grands ou petits moments tout au long de ce périple mais au combien précieux. Qu'ils soient touristes, autochtones, agriculteurs, retraités, commerçants, toutes ces rencontres ont été riches. Rencontres de quelques minutes, d'une heure, d'une soirée ou de quelques jours, toutes furent des bouts de vie, des portes ouvertes sur des tranches de bonheur, des moments présents, des histoires de vie... Je ne vais pas tous vous citer mais je garde un souvenir de chacun de vous. Certains m'ont envoyé un p'tit mot. C'est le cas de Dédée du camping de la Motte Chalacon, Bernard Laget et Jean-Pierre Brach rencontrés au col de Milmandre, Jolaine sans oublier Maïlys, Flore et Gabriel, les enfants de Montauban sur Ouvèze. J'espère de tout coeur avoir des nouvelles de vous tous mais également de tous ceux que nous avons croisé durant ce périple. Certains nous ont offert le gîte et le couvert, d'autres simplement un endroit où planter ma tente, du foin et un seau d'eau pour Marius, d'autres encore ont rempli nos gourdes. Mais tout un chacun, c'est un geste qu'il posait pour l'avancée de cette randonnée. Que de souvenirs et d'émotions...

Et puis il y a eu Brigitte. Rencontre étonnante et mystique. Elle et sa fille devaient m'accompagner quelques heures... Ce fut deux puis trois jours... Pour finir, onze jours et 200 km sans aucune préparation et de sérieux problèmes de santé. Quel mérite !! Comme moi, elle a ressenti le bien que pouvait apporter cette randonnée. Elle en avait tant besoin... Peut-être vous racontera-t-elle ce qu'elle a vécu...

Mais si Marius n'avait pas été à mes côtés, combien de personnes auraient prêté attention à ce randonneur ? Combien auraient tendu la main à cet inconnu ? Véritable lien social, ce petit bourricot couleur chocolat a permis tant de choses. Il a ouvert les coeurs et les histoires de chacun.

Comme je l'ai évoqué lors de mon périple, l'an prochain je repars. Mais si cette année, j'ai fait cette randonnée pour moi, le "Marius Tour 2008" sera une main tendue vers les autres. Marius et moi souhaitons marcher pour "vaincre la mucoviscidose". Avec quelques semaines d'avance, espérons pouvoir soutenir "Les virades de l'espoir". Rien n'est encore fait. Il faut rencontrer les organisateurs des Virades, préparer le parcours, trouver des partenaires, ... et convaincre Marius de repartir... Vos idées et suggestions seront les bienvenues.

Douze mois devant moi pour un nouveau défi...